mercredi 4 avril 2012

lundi 2 avril 2012

Reprise des problématiques


1. LE JEU 

Nous proposons une définition du jeu comme espace de liberté dans un espace de contrainte

Il s'agit d'étudier différents jeux, c'est-à-dire : des marges d'interprétation laissées à l'expérimentateur par le protocole. Ces protocoles prennent la forme d'un set de consignes verbales implémentées dans le Dispositif de Médias Situés de Orbe. 

La dérive, comme parcours ouvert et non destinatoire, qualifiée de protocolaire, met en exergue un paradoxe : quels nouveaux possibles sont ouverts par l'astreinte à un protocole ? Comment un protocole est-il mis en puissance, réalisé, performé, transmis, traduit, interprété, laisse ou non trace... C'est-à-dire : comment acquière-t-il une dimension plastique (au sens de Catherine Malabou : ce qui donne et reçoit la forme) ? Des modalités d'autorité entrent en ligne de compte, ainsi qu'un aspect prédictif. Pourtant, le protocole ne prévoie pas l'ensemble de ce qui va émerger par son application. 

Nous axons l'écriture des consignes autour de trois axes : 
- déambulation (le corps dans / parcourant l'espace) 
- intersubjectif (provoquer ou orienter les rapports entre les expérimentateurs et non-expérimentateurs, et des expérimentateurs entre eux) 
- sérialisation (répétition, rituel, cycle court ou écho temporel) 

2. IMMERSION v/s RÉFLEXIVITÉ 

Une autre problématique est celle du mode d'expérience. Elle fait écho à une conférence de Dominique Boullier. Celui-ci mettait en avant le fait que notre mode d'être au monde en temps normal est celui de l'immersion ("je suis dans le monde") ; tandis que celui instauré par l'appareil perspectif induit une mise à distance du monde, une dissociation des sujets et des objets, dont les rapports sont régis par un dispositif (nous reprenons ici la définition de Giorgio Agamben, discutée avec Anyssa en début de Sonde). La réflexivité serait la capacité à se projeter dans l'espace et le temps, se voir depuis un point extérieur à soi-même. 

Les protocoles expérimentés lors de la Sonde visent à provoquer des expériences immersives. 
Trois types de scénarisation sont étudiés : 
- fiction (émancipation du regard des autres par la projection dans la fiction) 
- progression (dans le type de consignes / d'implication attendue)  
- collectif (agir à plusieurs 'joueurs' ou agréger d'autres personnes 'non joueurs')

Jour 14


Arborescence d'un protocole d'exploration de la Chartreuse par le jeu de l'écho. Inspiré de la figure dite "des indiens" issue du streetbooming Il y a : de la comptine, des citations d'Allan Kaprow, des mouvements, déambulations, un côté petit poucet inversé et même une installation à la fin...

dimanche 1 avril 2012

Jour 13

Suite aux questions soulevées jour 11, c'est celle de l'autocensure qui émerge : l'autocensure présumée de l'expérimentateur (qui oserait ou non réaliser certaines actions) est redoublée lors de l'écriture des sets de consignes. Comment inviter, susciter, sans autorité ? ou, au contraire, jouer avec ce rapport d'autorité (Djamel travaille en ce sens). 
L'enjeu du Laboratoire de la Dérive Protocolaire est de confronter des systèmes de règles divergeant. Un paradoxe émerge alors : comment permettre à nos expérimentateurs d'atteindre un état de conscience particulier, faisant fi des regard extérieurs, sans pour autant être dans de la manipulation ? Trois pistes se dessinent : mettre en place de la progression dans les indications, insérer le set dans une fiction, ou enfin mettre en avant l'aspect collectif. Dans ce dernier cas, ce n'est plus l'individu qui prône mais le groupe. 

samedi 31 mars 2012

Dans la peau d'un autre

"Bienvenue dans le Laboratoire de la Dérive Protocolaire. Vous allez participer à l’exploration du territoire de la Chartreuse dans la peau d’un autre. Cet exercice requiert de l’imagination et une capacité à se projeter dans des espaces et des temps différents. Vous devrez adopter une autre façon d’être au monde et devenir un double, un personnage. 
Découvrez maintenant votre personnage. Ouvrez l'enveloppe qui vous a été fournie." 

Rocio et Floriane (FAIAR) photographiées par Lucile, en accompagnement de la dérive "Dans la Peau d'un autre" de Elsa