samedi 31 mars 2012

Dans la peau d'un autre

"Bienvenue dans le Laboratoire de la Dérive Protocolaire. Vous allez participer à l’exploration du territoire de la Chartreuse dans la peau d’un autre. Cet exercice requiert de l’imagination et une capacité à se projeter dans des espaces et des temps différents. Vous devrez adopter une autre façon d’être au monde et devenir un double, un personnage. 
Découvrez maintenant votre personnage. Ouvrez l'enveloppe qui vous a été fournie." 

Rocio et Floriane (FAIAR) photographiées par Lucile, en accompagnement de la dérive "Dans la Peau d'un autre" de Elsa 

Jour 12

Olivier (FAIAR) vient nous faire profiter de son regard extérieur. Conteur et géographe affectif, il vient apporter son aide à Alix pour la scénarisation de sa dérive "suiveur / suivi / et réciproquement", inspirée de Sophie Calle. Il conseil également Lucile quant au set de consigne "dérive par le jeu de l'écho", pour laisser du jeu, précisément, et éviter les indications trop directives. 
in progress : arborescence des consignes de dérive de Djamel + cartographie des affordances de la Chartreuse 

vendredi 30 mars 2012

Jour 11


Pendant toute la durée de la Sonde04#12, les 'sondeurs' ont pu profiter de nombreuses conférences de qualité. Cet après midi, Joris Mathieu, metteur en scène, nous pose question quant à l'éthique des dispositifs (scéniques) participatifs. Quid de la mise en scène du spectateur, offert en pâture aux regards adjacents ? Une réponse : proposer des pièces à un spectateur. Libre ainsi de déambuler, s'immerger, s'émouvoir, sans se soucier de son paraître. L'automatisation et l'utilisation de capteurs pour permettre l'interactivité est alors nécessaire, pour permettre l'isolement, la solitude, la garanti qu'aucun voyeur ne vous surprendra dans votre émotion. Les régisseurs disparaissent. Seuls les comédiens restent en scène.

Voilà une problématique intéressante pour le Laboratoire de la Dérive Protocolaire, qui propose des protocoles d'immersion puis relâche ses 'joueurs' (puisque cette Sonde est placée sous le signe du jeu vidéo) dans l'espace publique. Nous attendons de nos expérimentateurs qu'ils acceptent de répondre et interpréter une intentionnalité étrangère, intégrée - mise en puissance - par le dispositif. Nous leur demandons d'incarner une altérité. Comment éviter de rendre nos participants clownesques, voir risibles ? Peut-être en les accompagnant, en leur proposant de retrouver, sur leur chemin, des échos aux actions qu'ils seront eux-même en train de réaliser. Introduire des Personnages Non Joueur (PNG) sur leur parcours.

jeudi 29 mars 2012

le théâtre, le jeu, la vie - répétitions

Que se passe-t-il lorsque l'on répète un texte délivré de façon fragmentaire ? Entendre et dire les mots nous scinde. L'auditeur et l'orateur en soi entrent en conflit : soit j'écoute et comprends le sens du propos, soit mon attention se porte sur le groupe de mots, isolé du contexte, et la qualité de la restitution de ces mots. Le découpage des phrases en groupes longs favorise la compréhension mais met en péril la qualité de la transmission (perte, inversion, échange de mots). Au contraire, des fragments courts permettent une transmission fiable (pour l'auditeur suivant) tout en me restreignant à un rôle de passeur, de médium. Toute la question - politique et d'actualité - du contenu et du tuyau... Mais aussi celle du rapport de pouvoir : que fait-on dire à celui qui accepte de jouer ce jeu ? 

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"Dispersez vos espaces.
"L'espace de jeu unique est l'apanage du théâtre traditionnel.
"Dispersez les durées pour qu'elles deviennent temps réel.
"On obtient du temps réel quand les choses se déroulent dans des lieux réels.
"Puisque vous êtes maintenant dans le monde et non dans l'art, jouez donc le jeu avec les règles réelles.

d'après Allan Kaprow, Comment faire un Happening, 1966

Pour apprécier le jeu d'écho, lancez le second lecteur quelques secondes après le premier.

Jour 10

Cartographie de la couverture wifi de la Chartreuse
en beige = ok
en rouge = coupure 

mercredi 28 mars 2012

Jour 9

Installation de caméras de surveillances aux deux d'accès du Laboratoire : l'une sur l'allée des muriers, l'autre sur le jardin du procureur. Ce, dans un soucis de feedback pour les visiteurs/joueurs lors de la restitution.
Les écritures des sets de consignes continuent, suivies des enregistrements et implémentation dans le Dispositif de Médias Situés Orbe.

mardi 27 mars 2012

Jour 8

Elsa écrit un rituel déambulatoire inspiré d'un texte de Allan Kaprow, Comment faire un Happening (1966). L'implication physique dans la réalisation des consignes permet l'incorporation du propos.
Extraits : 
"L’espace de jeu unique est l’apanage du théâtre traditionnel. Dispersez vos espaces. Dispersez les durées pour qu’elles deviennent temps réel. Puisque vous êtes maintenant dans le monde et non dans l’art, jouez donc donc le jeu avec les règles réelles. Un happening, c’est un jeu qui aurait quelque chose de noble, un rituel dont aucune Eglise ne voudrait, car il n’y a là aucune religion à vendre. C’est fait pour ceux qui agissent dans ce monde, pas pour ceux qui veulent rester à l’écart et se contenter de regarder."

Alix explore quelques pistes visant à mêler la fiction à la réalité, ou comment tenter de devenir un personnage... Elle travaille sur deux sets complémentaires autour d'une fiction dont elle jouerait un personnage. Fragments de textes localisés, action répétitive de la comédienne, allers-retours entre fiction et action. 
Références :
- L'invention de Morel de Adolfo Bioy Casares (1973) : images d'actions passées, répétées à l'infini et figées dans un discours éternel.
- les Doubles-jeux de Sophie Calle d'après Paul Auster d'après Sophie Calle (1998) : rituels empruntés (du personnage de fiction au personnage réel, du personnage réel au personnage de fiction) "Afin de nous rapprocher, mon double fictionnel et moi…" Accepter que quelqu’un devirenne l'auteur de nos actes. Inventer un personnage de fiction auquel le joueur s’efforcera de ressembler (pendant une session de jeu). Obéir à un scénario créé pour soi.